Accompagner l’articulation entre formation et travail

Au regard de la formation, il est normal que l’école et le « terrain professionnel » ne disent pas exactement la même chose, chacun ayant un rôle propre en vue d’une finalité commune : former à un métier.

L’articulation entre formation et travail concerne des enjeux différents selon les types de tutorat, de partenaires de formation et de contrat :

  • contrat d’alternance avec un CEFA ;
  • contrat de stage avec un établissement d’enseignement de plein exercice ;
  • contrat de travail incluant la poursuite d’une formation dans l’enseignement de promotion sociale.

L’enjeu se situe dans la manière dont les deux lieux d’apprentissage vont s’articuler.
Plusieurs scénarios sont possibles, qui vont de la simple juxtaposition à l’articulation forte, tenant donc plus ou moins compte de la particularité de l’apprentissage en alternance.

Le bon levier pédagogique est celui qui peut articuler de manière réaliste formation théorique et formation pratique, c’est-à-dire en tenant compte et en intégrant dans l’objet même de la formation les différentes oppositions existantes.

  • Ce levier peut guider l’ensemble des activités de l’apprenant (situation scolaire et situation de travail) en créant des lieux et des temps qui favorisent la réflexion sur son activité (ex. : apprendre à voir et à gérer les écarts inévitables entre modèles professionnels et pratiques réelles).
  • Il vise à développer chez lui l’esprit critique. Par exemple : lecture du projet institutionnel et discussion ouverte à son sujet, en en respectant l’esprit, lors d’un entretien individuel ou d’une réunion d’équipe.
  • Ce levier peut aussi favoriser les relations entre lieux d’apprentissage théorique et lieux de formation pratique : il s’agit alors d’apprendre à gérer les écarts perçus entre l’école et le monde du travail.

Quelques conseils pour favoriser l’articulation entre formation et travail au sein de l’institution et au sein de l’école

  • Partir du contenu de la formation et aider le jeune à faire le lien entre ses acquis d’apprentissage et les situations de terrain ;
  • Expliquer et rappeler régulièrement les règles de l’institution et leur sens ;
  • Prévenir des conséquences suscitées par le non-respect d’une règle ;
  • En cas de retards fréquents au travail ou au centre de formation, proposer une méthode pour s’organiser et mieux gérer son temps entre vie privée, formation et travail.

Importance de la communication entre l’école et l’institution

S’il n’y a pas de communication entre l’école et le tuteur (et l’institution), le jeune peut être incité à cacher des informations (ex. : échec aux examens, absence aux cours ou abandon de ceux-ci).

Cette absence de concertation peut avoir de nombreuses conséquences :

  • relation de confiance entre tutoré et tuteur menacée ;
  • perte de crédibilité de l’école et de l’institution aux yeux du jeune ;
  • échec de sa formation ou démotivation, alors qu’il est déjà fragilisé.

Lorsque le jeune échoue ou abandonne sa formation, tous les acteurs du dispositif sont perdants : lui en première ligne, mais aussi l’école et le tuteur.
Chacun a donc intérêt à communiquer et à collaborer.
L’école doit être sensibilisée à la nécessité de ce partenariat, afin de soutenir au mieux les chances de réussite.

Conseils pour favoriser la communication entre l’école et l’institution

  • Prévoir des lieux, des temps réguliers et des outils afin d’assurer le lien entre l’école et l’institution. Exemples d’outils :
    • communiquer les horaires des cours et des examens à l’institution ;
    • délivrer une attestation de présence aux cours (pour une formation suivie dans le cadre d’un contrat de travail), car la personne qui est absente aux cours ne respecte pas ses engagements et ne peut donc recevoir de salaire.
  • L’école transmet le programme des cours à l’institution.
    S’il connaît leur contenu, le tuteur pourra poser au tutoré des questions faisant le lien entre théorie et pratique.
    Ce partage d’informations incitera aussi, le cas échéant, à plus d’assiduité aux cours.
  • Dans un contexte de communication ouverte organisée entre tous les partenaires, un espace est créé pour envisager de manière constructive et dépasser les divergences constatées entre ce que prône la formation et ce qui se pratique sur le terrain.
    Ce dialogue encourage le jeune à adopter une posture plus professionnelle, l’incitant à une réflexion sur son travail.

Et si le jeune ne respecte pas ses engagements ?

L’école et l’institution doivent anticiper cela et mettre en place ensemble, à cet égard, un dispositif d’actions (concernant le travail lui-même et la formation).

La situation de la formation en alternance

Dans ce cas, le jeune est à la fois étudiant et travailleur à part entière.
Cela lui confère un double statut qui peut lui laisser penser qu’il est stagiaire au sein de l’institution.
Or, il est un travailleur comme les autres et est tenu de respecter, même s’il est en formation, le règlement de travail en vigueur.
Cela comporte des règles et des obligations différentes de celle de l’école (ex. : prévenir en cas d’absence, remettre des documents administratifs à temps).