Quelques accompagnements et soutiens spécifiques

Soutien social, voire psychosocial

Un public défavorisé peut cumuler des problématiques sociales et familiales au point qu'elles interférent sur son travail (démotivation, fatigue, absences, etc.).
Les demandes d'aide adressées au tuteur seront tantôt explicites, tantôt implicites. Que faire ?

  • Dans les situations de crise, le tuteur est en première ligne, comme ressource d'aide informelle.
    Il ne peut se contenter d' « ouvrir son parapluie ». 
  • C'est à lui de décider où il met ses limites, dans le cadre de son mandat dans l’institution.
    Il doit veiller à réguler les effets des situations difficiles que peut rencontrer le jeune.
  • Il se sent dépassé ou incompétent ? Il considère que les demandes excèdent son mandat de tuteur ?
    Il cherche alors un relais dans l’organisation : travailleur social, responsable...
  • Ces relais internes n'existent pas ou les réponses obtenues sont insuffisantes ?
    Le tuteur cherchera en dehors de l’institution: le partenaire d’enseignement ou de formation, un service social, un organisme de conseil en évolution professionnelle.

Soutien scolaire

Le tuteur d'un jeune en stage ou en formation professionnelle peut être interpellé par des attentes de ce dernier concernant le rapport de stage, un travail de fin d'études, la préparation d'examens, etc. ou dans le cas d’un rapport problématique à l'univers scolaire (échec, difficultés d'apprentissage, etc.).
Parfois, cet appui demandé représente même une condition de réussite. 

  • La plupart des tuteurs proposent leur aide pour ces situations, dans certains moments du stage ou en marge de celui-ci. 
  • Le tuteur se sent dépassé ou incompétent? Il cherche des relais auprès d'un collègue.
  • La situation prend des proportions anormales ?
    Il interpelle le partenaire de formation ou d’enseignement, qui activera en interne ou en externe les solutions de remédiation et de soutien nécessaires.

Soutien dans la réintégration après une absence pour raisons médicales

Selon les causes de l’arrêt de travail et ses conséquences (compétences maintenues ou modifiées ; adaptation éventuelle du poste de travail ; maintien ou non dans la fonction), et selon la durée de l’absence et les modalités de reprise (temps partiel, temps plein), le contenu du tutorat sera adapté en s’appuyant le cas échéant sur des partenaires externes (organismes de formation, d’accompagnement…), en accord avec le travailleur concerné et le responsable de l’institution.

Soutien dans l'insertion professionnelle post-stage

Le stage permet aussi de lancer le tutoré sur le marché de l'emploi.

La fin d'un stage, court ou long, cela se prépare :

  • en réfléchissant au projet professionnel à partir des évaluations de stage ;
  • en aidant à l'organisation et à la programmation des démarches de recherche d'emploi:
    • rédaction du CV et de la lettre de motivation,
    • identification des employeurs possibles,
    • lettres de recommandation,
    • soutien en cas de réponse négative, etc.

Qui peut soutenir la démarche ?

  • Nombre de partenaires d’enseignement ou de formation ont des ressources pour assurer cette mission : base de données d'anciens, cellule job, job coaching, travail avec un opérateur qui propose des ateliers de recherche active d’emploi, etc.
  • Des Fonds sociaux proposent une aide extérieure : l'accompagnement Evolutio.
  • Lorsque l’institution recrute (même pour un remplacement), les stagiaires qui ont donné satisfaction constituent un vivier : il n’est pas injuste ou illégal de leur donner la priorité pour les postes à pourvoir.
    Consultez à ce sujet, sur le site Competentia, la fiche « Promouvoir les stages pour recruter ».

Soutien de l’estime de soi

Une des bases de la motivation, c’est l’estime de soi, plus ou moins mise à mal en fonction du bagage de vie.
Une grille de lecture [1] permet de comprendre ce qui la construit, au moyen de quatre composantes définies comme des sentiments.
Aider la personne à améliorer ceux-ci peut donc l’aider à renforcer sa motivation. 

Le sentiment de confiance

Il fait référence au besoin de sécurité physique et affective

  • Donner des repères quant aux lieux, au temps, aux personnes et aux manières de travailler peut favoriser la confiance. Rassuré sur son environnement de travail, le tutoré a davantage la possibilité de s’investir pleinement dans ses tâches.
  • Il a aussi besoin que le tuteur, les collègues, la direction lui fassent confiance.
    Lui donner des responsabilités croissantes lui permettra de prendre confiance en ses capacités et d’avoir envie d’évoluer. 

Le sentiment d’appartenance

Il se réfère à l’aspect social de l’estime de soi.

En aidant le tutoré à développer le sentiment d’appartenir à l’équipe, il se sentira plus fort et pourra davantage prendre part à la dynamique de groupe. Comment renforcer cela ?

  • L’inciter à coopérer en lui demandant de réaliser un projet commun avec un collègue.
  • En réunion d’équipe, lui demander son avis sur une problématique.
  • Organiser des moments conviviaux entre collègues, en dehors du lieu de travail, lors desquels il pourra se sentir complice de ses collègues. 

Le sentiment de connaissance de soi

Il correspond à la conscience de ses habiletés et de ses qualités personnelles. 

  • Aider le tutoré à identifier et exprimer ses forces, ses difficultés et ses besoins. Conseil : le tuteur parle un peu lui-même, à l’occasion, de ses propres difficultés et besoins.
  • Donner des feedbacks positifs lorsqu’une tâche est bien réalisée.
  • Pointer un comportement inadapté et non la personne elle-même.
  • L’aider à identifier ses envies professionnelles. 

Le sentiment de réussite

Il se réfère à l’évaluation que la personne fait à propos de ses propres compétences dans différents domaines.
La personne ne pourra pas avancer dans ses apprentissages si elle ne vit pas des expériences de succès dans ses activités.

  • Valoriser ses progrès, ses réalisations positives (ex. : lui permettre d’écrire un article dans le journal de l’institution, mener une enquête de satisfaction auprès des bénéficiaires et souligner les points positifs à son égard).
  • Réactiver le souvenir de réussites passées.
  • Favoriser l’autonomie, encourager le sens des responsabilités.
  • Avoir des attentes réalistes.
    Conseil : lorsqu’un objectif semble inatteignable, on le divise en sous-objectifs, planifiés dans le temps.
    L’acronyme SMART est un bon moyen mnémotechnique pour se rappeler les caractéristiques nécessaires de l’objectif, qui doit être : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporellement défini.
  • Réfléchir avec la personne à des stratégies pour surmonter ses difficultés.

[1] Duclos, G. (2004). L’estime de soi, un passeport pour la vie. Montréal : Hôpital Sainte-Justine.