Mettre en œuvre l’accueil

Respecter les personnes tout au long des démarches de recrutement

En cas de tutorat d’intégration, pour une première expérience de travail, un bon recrutement (stage, emploi) doit :

  • prendre en compte les besoins et les valeurs de l’institution ;
  • tenir compte de la situation du marché de l’emploi ;
  • s’inscrire dans une logique de respect des personnes et de non-discrimination.

Quelle qu’en soit l’issue, la qualité des procédures de recrutement (libellé de l’annonce, analyse des CV et des lettres de motivation, entretien individuel ou devant jury, tests et épreuves, communication de la décision finale) permettra à l’ensemble des parties concernées de repartir avec des éléments positifs.

Competentia.be a développé un ensemble de fiches pour mettre en œuvre un recrutement non discriminant et porteur de diversité. 

Permettre une rencontre, une découverte préalable

  • Du côté de la personne en recherche d’insertion : prendre l’initiative de demander à rencontrer une organisation fait partie des démarches de recherche de stage, mais peut aussi être réalisé dans le cadre d’une orientation professionnelle (pour consolider le projet professionnel).
    L’ « entrée » dans son emploi sera facilitée si elle aborde déjà un peu la réalité de son travail par cette première découverte.
  • Du côté de l’employeur : savoir accueillir cette personne contribuera à améliorer l’image de l’entreprise (cela peut faire partie de sa responsabilité sociale).

Focus sur la situation des jeunes en insertion – en intégration dans l’emploi

  • Pour un jeune – parfois encore en recherche identitaire –, se lancer dans un parcours professionnel n’est pas évident. Nombre d’entre eux s’engagent dans une nouvelle formation (parfois après avoir déjà travaillé) sans toujours mesurer la complexité des exigences du nouveau métier.
    Il est nécessaire qu’ils trouvent un lieu où poser les questions qui les préoccupent.

  • Une dimension importante du tutorat pour ces jeunes est la « socialisation professionnelle » : cela veut dire quoi, travailler, exercer tel métier ? Ce sont des réalités qui ne s'apprennent réellement que sur le lieu de travail. Cela n’est pas toujours aussi rapide ou linéaire que peuvent l'attendre le tuteur, les collègues, qui penseront peut-être alors que le jeune « n'est pas motivé » ; il découvre simplement une nouvelle réalité professionnelle inconnue et il lui faut un peu de temps pour s’impliquer davantage (comme pour la plupart des travailleurs).

  • Car toute nouvelle situation suppose des découvertes et des apprentissages multiples (exacerbés encore s’il s’agit de la première expérience professionnelle) : horaires, rapports avec les collègues, demandes du public, rapport aux consignes, à la hiérarchie, etc.
    C’est la découverte de la situation effective de travail qui sera le vrai lieu d’émergence des motivations consistantes – plus que les attentes antérieures, théoriques voire fantasmées.
    Le projet professionnel du jeune se précisera au fil de tâtonnements et d’expérimentations, dans un mouvement entre projet et action, théorie et pratique.

  • L’organisme de formation peut appuyer sa motivation et l’aider à comprendre la réalité du monde professionnel, en l’accompagnant dans la recherche d’un stage à travers la rencontre préalable de professionnels, en groupes ou dans des classes.

 

« Nourrir la motivation, c’est un métier. On doit les considérer comme adultes alors qu’eux ne se considèrent pas encore comme adultes. »

 « Dans une première phase, « On est agent de socialisation avant d'être agent de formation. »

Focus sur la situation de stage

  • Les formateurs demandent souvent aux apprenants de prendre d’abord contact avec le lieu de stage en entamant une démarche active et professionnelle : échange téléphonique, rendez-vous, période « découverte »...
    Le stagiaire obtient ainsi les informations utiles au déroulement du stage (coordonnées, horaires, etc.) et se fait une idée plus concrète de l’institution.

  • Cette première rencontre avec les professionnels définira les attentes réciproques, dans le cadre préétabli par le centre de formation, en concertation avec l’institution.
    À côté d’autres démarches organisées par l’école (invitation de professionnels à l’école, visite collective d’une institution), elle facilite pour le jeune le démarrage effectif de son stage et lui montre comment :
    • savoir se présenter et se responsabiliser dans la prise de rendez-vous ;
    • découvrir le contenu du travail, les habitudes et l’organisation de l’institution ;
    • concrétiser le projet de stage ;
    • ne plus être dans l’inconnu, dépasser les premières angoisses, se mettre en confiance.

      Idéalement, cette prise de contact se déroulera sur une journée partielle ou complète un peu avant chaque stage, quelle que soit l’année de formation… le temps de s’imprégner de l’ambiance de travail.

Consultez l'outil : Organiser les premiers contacts

Prévenir toutes les personnes concernées de l’arrivée de la nouvelle personne

Pour faciliter son intégration, il est important d’annoncer la venue d’une nouvelle personne à toutes les personnes concernées:

  • les membres de l’équipe qui n’étaient pas présents lors du premier contact ;
  • les bénéficiaires ;
  • les familles, etc.

Le projet institutionnel diffusé en interne et auprès des partenaires est un support idéal pour annoncer à tous l’existence d’une collaboration avec les écoles.

Exemples :

  • les parents sont en effet en droit de savoir qui sera en contact avec leur enfant ;
  • les stagiaires peuvent se rendre compte que leur accueil fait partie intégrante du projet de l’organisation.

Consultez l'outil : Annoncer la venue aux personnes concernées.

Organiser la familiarisation avec les lieux et les personnes

  • Il s’agit d’aider le stagiaire, après sa première découverte de l’entreprise, à y identifier des repères essentiels (lieux, personnes) : cela facilitera son intégration dans l’équipe, son implication et ses prises d’initiatives dans l’activité.
    Si possible, un de ses professeurs se rend pour cela avec lui la première fois sur les lieux du stage.
    L’approche des lieux concerne l’espace concret où se déroule le stage, mais aussi les autres lieux de vie de l’institution, voire plus largement l’histoire et l’implantation de celle-ci dans le quartier.

  • Le jeune a besoin d'être pleinement reconnu par les membres de l'équipe et les bénéficiaires qui le rencontrent.
    On s’efforcera d'accueillir et de traiter les stagiaires exactement comme n'importe quel nouveau collègue fixe (ex. : s'il y a une pointeuse, il pointe aussi ; si une fête du personnel ou d’anniversaire est organisée, le jeune y est invité).

  • L'informel au travail est tout aussi formateur que les entretiens de suivi, la participation aux tâches, etc., a fortiori pour des jeunes éloignés de l'emploi.
    Par exemple, les stagiaires déjeuneront avec l'équipe.

  • Pour le tuteur comme pour sa hiérarchie, un bon équilibre s’installe entre d’un côté la « protection » et de l'autre l'apprentissage de la « vraie vie » au travail.

  • La reconnaissance interpersonnelle, en situation de travail, se double d'une forme de reconnaissance tout aussi importante pour le tutoré : celle de son identité de (futur) professionnel.

 

 « Faire partie de l’institution et le sentir à travers des signes visibles, cela peut amener des déclics chez le jeune. »

Consultez l'outil : Favoriser la familiarisation avec les lieux et les personnes

Assurer la présentation du projet institutionnel

  • Le projet institutionnel décrit les choix de l’institution (offre aux bénéficiaires, objectifs poursuivis) et ses pratiques (comment atteindre ces choix, avec quels moyens).
    Outil évolutif, il s’articule avec une dynamique qui mobilise toute l’organisation.
    Sensibilisées aux priorités explicitées dans ce projet, les personnes pourront mieux se sentir concernées, impliquées, et contribuer à la réflexion et à la recherche d’améliorations souhaitables.

  • Le projet institutionnel « met des mots » sur ce qui se fait communément, étant issu d’une réflexion de l’équipe sur le sens des pratiques qu’elle met en œuvre chaque jour.
    Il est à la fois un produit formalisé par un écrit communicable et un processus qui s’exprime au quotidien, en actes et en situations.
    Bien le comprendre suppose, au-delà de sa lecture, un accompagnement par les personnes qui l’ont conçu, le mettent en œuvre et l’ajustent au fil du temps.
    Le tuteur veillera donc à créer des liens entre le projet et le quotidien.

Consultez l'outil : Présenter le projet institutionnel.